Kinshasa, 10 octobre 2026 – Le député national Sa Majesté Marcel Zuma Anibie a adressé, le 5 octobre 2026, une question orale avec débat au ministre du Commerce extérieur, Julien Paluku Kahongya. Sa démarche porte notamment sur les autorisations d’importation des sacs, sachets, films et autres emballages en plastique, ainsi que sur les dérogations accordées à certains importateurs, au nom de la protection de la production nationale et de l’industrie locale.
Cette initiative intervient alors que le président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, déploie des efforts pour assainir Kinshasa, confrontée à une accumulation préoccupante de déchets plastiques. Le député dénonce un paradoxe entre ces opérations d’assainissement, qui mobilisent des moyens financiers importants, et les autorisations d’importation qu’il reproche au ministre de délivrer en violation présumée du décret du Premier ministre n° 17/018 du 30 décembre 2017. Il alerte sur les conséquences de cette situation pour l’environnement et l’écosystème congolais.
Selon l’auteur de la question orale, plus de 1 000 autorisations et dérogations auraient été délivrées en 2025, tandis que cette pratique se serait poursuivie en 2026. Il remet également en question les arrêtés ministériels renouvelés périodiquement pour restreindre temporairement l’importation de plusieurs marchandises, notamment les bières, les boissons gazeuses, le ciment, les barres de fer, les carreaux, les couches pour bébés, les lingettes et les papiers mouchoirs. Il s’interroge sur la multiplication des dérogations accordées aux importateurs de ces produits, alors que les restrictions visent à protéger le marché et l’industrie locale.
Dans ses sept questions, Marcel Zuma Anibie demande notamment pourquoi certaines autorisations ne précisent pas suffisamment la nature des emballages concernés, pourquoi l’autorisation du ministère de l’Économie nationale ne serait pas systématiquement prise en compte et pourquoi des dérogations seraient régulièrement accordées aux mêmes catégories de marchandises. Il soulève également la question du contrôle de qualité par l’Office congolais de contrôle (OCC), affirmant que certains produits déclarés non conformes seraient mis en vente avant la finalisation des contrôles, et demande combien le Trésor public perçoit pour chaque dérogation délivrée.
Face à ces préoccupations économiques, environnementales et sanitaires, le député souhaite que le Bureau de l’Assemblée nationale, dirigé par Aimé Boji Sangara, inscrive cette question orale avec débat en urgence à l’ordre du jour d’une séance plénière. Il attend du ministre Julien Paluku Kahongya des explications sur le respect du décret de 2017, la transparence dans l’octroi des autorisations, la protection des consommateurs et l’efficacité des mesures censées soutenir la production nationale.
Cette interpellation place ainsi le ministère du Commerce extérieur face à des questions majeures de responsabilité publique, de protection de l’environnement et de défense de l’industrie congolaise. Les griefs formulés par l’élu devront être examinés à la lumière des textes applicables et des réponses du ministre devant les représentants du peuple.